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Plaidoyer pour des abrégés visuels en arpitan

Plaidoyer pour des abrégés visuels en arpitan

La langue de nos aïeux  nous manque comme un trait d’union nécessaire entre notre passé et notre présent. Nos grands-parents qui le parlaient parfaitement ont refusé, pour la plupart,  de nous l’enseigner . Nous avons été condamnés à les écouter , un peu stupéfaits et tristes, à la fois, de cette exclusion.

Finalement entre eux et nous l’écart se creusaient, cette génération croyait bien faire en nous préparant à ce monde nouveau qu’elle espérait prometteur. Le creuset français dans lequel ils avaient été précipités  leur avait appris, plus que jamais, la peur et notamment pour nos grands-mères, celle de la guerre, et elles  vivaient dans la terreur quasi permanente du renouveau de ces sombres années.

Ils supportaient le poids de ces maux passés, comme s’ils en avaient été responsables, par leur faute, peut être,  de n’avoir pas été suffisamment français. A leur décharge, les politiques locaux leur serinaient que le prix du sang de la première guerre mondiale, avaient valu aux savoyards la reconnaissance pleine et entière de citoyens français. Aussi faut-il croire que les savoisiens nés avant 1914 ne l’étaient pas vraiment  ?  A nos interrogations sur notre langue, notre passé d’État indépendant, ils répondaient « il faut oublier« , phrase mystérieuse pour les enfants que nous étions. Tout ceux ,qui comme moi, ont connu, ces personnes nées avant 1914 ont eu l’impression que cette génération savoyarde expiait un péché et nous avec. Lequel ? Sinon, celui d’avoir été de pauvres gens ballotés par l’histoire et qui croyaient que notre génération, enfin bien intégrée à la France,  allait jouer un rôle majeur ? Le prix du sang, le rachat des pêchés sont autant de mythes bibliques appliqués à une Savoie qui, elle,  n’avait rien demandé.

Sa fierté, la Savoie, l’a retrouvé  avec la résistance et ceux qui s’en sont montrés leurs héritiers, les trentenaires des années soixante. Notre jeunesse, par conséquent,  a été bercée aux cris de « Savoie libre« . Ceux qui ont créé des mouvements pour l’émancipation dans les année 90 ont, par conséquent,  recueilli l’âme savoisienne qui ne demandait qu’à s’exprimer.

Pourtant, c’était encore assez tôt mais déjà trop tard, le temps avait emporté la ferveur populaire des années précédentes.

Depuis, cet élan vers l’émancipation, il faut le recréer, retrouver nos racines, notre confiance en nous, repartir tout simplement de rien et devenir, comme le disait Sieyès, tout.

Notre langue est un élément fondateur de notre identité. A l’image, des dictionnaires illustrées, nous pourrions avoir à dispositions des planches illustrées avec les termes en français et en arpitan. Peut-être même qu’Opinions Savoisiennes pourra les publier au fur et à mesure des thématiques ?

Nous lançons un appel aux bonnes volontés.

LF

 

One Reply to “Plaidoyer pour des abrégés visuels en arpitan”

  1. Le prix du sang, c’est quand même cher payé pour avoir la joie d’être français, la joie de se faire voler nos ressources par Paris, la joie de faire partie du pays à la plus grande charge fiscale, la joie de voir le fruit de son travail disparaître dans la gabegie française et les fastes de l’Elysée, la joie de ne pouvoir qu’obéir au préfet, non élu, chien de garde de la république, la joie de voir son patrimoine dilapidé par des droits confiscatoires qui ne profitent qu’aux promoteurs même pas Savoyards. ça fait quand même penser à l’époque de la révolution française avec ses confiscations des biens du clergé et des nobles pour revente bon marché au petit copains révolutionnaires.
    Quelqu’un pourrait-il m’énuméré les, ou l’ avantage(s) pour un Savoyard d’être français? pour qu’au moins nos aïeux n’aient pas versé leur sang dans les guerres françaises, qui ne les concernaient pas, pour rien.

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