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La Savoie et l’Europe

La Savoie et l’Europe

Histoire de la nouvelle Europe

C’est dans les années 50 que Robert Schuman et Jean Monnet, dirigeants français de l’époque décidèrent avec l’Allemagne et quelques autres pays Européens de créer la communauté Européenne du charbon et de l’acier.

Le but de ces hommes était de construire  avec les voisins de la France un espace de paix et de stabilité après les durs conflits armés du 20eme siècle. L’idée de Monnet était de constituer dans le futur, une Europe fédérale, avec une défense intégrée comprenant l’armée Allemande.

Ce projet n’aboutira pas. Les Américains et l’Allemagne s’y étant opposés.

En 1957 les six pays créent la CEE (communauté Économique Européenne). Cette identité a pour avantage la suppression des droits de douane à l’intérieur de l’Union, et leur harmonisation à l’importation des pays tiers.

Outre la libre circulation des marchandises, la communauté se voit attribuer de nouvelles compétences en ce qui concerne les transports, l’agriculture, et la politique commerciale.

En 1967 malgré l’insistance des alliés de la France, le général de-Gaulle met son véto à l’entrée de la Grande Bretagne dans la CEE prétextant des liens trop étroit de le G.B. avec les États-Unis.

Le chancelier Adenauer et le général de Gaulle tisseront alors des relations étroites et tenteront de créer à travers la réconciliation franco-allemande l’Europe politique. Le traité de l’Élysée en 1963 et largement vidé de sa substance suite à un vote du parlement Allemand influencé par les États-Unis.

Sous Pompidou la France accepte la Grande Bretagne  dans l’Union, et en 1972 l’Irlande, le Royaume Uni, le Danemark, et la Norvège signent un traité d’annexion au marché commun. Mais, suite à un référendum populaire négatif, la Norvège se retire aussitôt.

De1981 à 2004 verra l’Europe s’agrandir des trois pays Baltes, Chypre et Malte, et de plusieurs pays de l’est, de l’Espagne, du Portugal, soit  un ensemble actuel de 28 nations.

L’Union Européenne est signée le 07 février 1992 par le traité de Maastricht.

En janvier 1999 naît l’Euro accepté par onze nations.

L’Union européenne à ce jour

Nous pouvons dire que la volonté et peut- être l’utopie de De Gaulle et Adenauer se sont heurté à l’histoire des peuples et à l’esprit nationaliste de certains pays. L’idée d’une grande puissance européenne est souhaitable, mais l’erreur est d’avoir voulu « bruler » les étapes en intégrant trop rapidement certaines nations qui par le jeu des votations bloquent le système. De plus l’Europe politique, sociale, fiscale, militaire a échoué. En ce qui concerne la défense, l’Union européenne préfère le parapluie américain.

L’Europe actuelle, par le jeu de ses directives s’impliquent de plus en plus dans la gouvernance des nations, et nous pouvons regretter ses interventions intempestives qui créent des injustices au sein des nos entreprises et de nos agriculteurs entre autres.

L’absence de politique commune affaiblit l’Union. Le problème des immigrés de Syrie en est le parfait exemple. Combien de citoyens Français ou savoyards connaissent les noms des responsables de l’Union. Les Américains ont coutume de dire : Pour appeler l’Europe quel numéro doit- on faire ?

Malgré cela, avec 7.5% de la population mondiale l’Union reste la première puissance économique (chiffre de 2010). La cour de justice Européenne est une avancée, mais l’Union n’est pas fédéraliste. On peut dire qu’il s’agit d’un objet politique non identifié.

Quelle est l’avenir de cette Europe ?

Les temps ont changé, et la mondialisation impose à nous, européens de nous unir, ou du moins passer des alliances avec l’Union afin d’être concurrentiel par rapport aux États-Unis et à l’Asie du sud Est asiatique.

Le fait de l’abolition des frontières a permis aux peuples de se rencontrer, aux échanges culturels, techniques de se développer sans contrainte, ou le monde des affaires a pu prospérer.

Mais nous pourrions souhaiter un ensemble vraiment fédéral ou les décisions locales soient prises au niveau du citoyen, et les décisions régaliennes à l’échelon Européen. Hélas, nous en sommes loin, et nous devons avoir beaucoup d’optimisme pour voir les choses évoluer en ce sens.

Une Savoie indépendante devra- t-elle intégrer l’UE ?

Si le peuple de Savoie le souhaite, plusieurs options s’offrent à une Savoie indépendante.

1) Adhérer à l’Union après négociation.

2) Ne pas entrer dans l’Union mais demander l’adhésion à l’AELE (Association Européenne de libre- échange) comme la Suisse, la Norvège, l’Islande par exemple.

3) L’indépendance totale.

Adhérer à l’UE pourrait être une solution dans le cas ou certaines nations appuient notre demande d’adhésion. Aussi faudrait-il que les instances Européennes acceptent de négocier avec la Savoie compte tenu des particularités de notre pays (agriculture de montagne, coopération avec nos voisins alpins entre autres.)

Notre monnaie pourrait être l’euro, mais aussi le dollar, le franc Suisse, ou la livre savoisienne.

Adhérer à l’AELE aurait l’avantage de conserver nos libertés fondamentales et notre gouvernance interne tout en libérant nos échanges commerciaux avec l’UE (suppression des droits de douane essentiellement). Possibilités de négocier également l’entrée de la Savoie dans l’espace économique européen (EEE) pour nous permettre d’accéder au marché intérieur.

Cette formule n’aurait pas que des avantages. La Suisse voisine par exemple doit composer avec l’UE car le premier client de la fédération reste l’Union Européenne, et notre voisin a été contraint d’ouvrir ces frontières (SCHENGEN) et d’accepter un compromis par les « bilatérales ». Je pense qu’il en serait de même avec la Savoie.

La question de notre défense sera posée. Avec qui devrons-nous passer des accords militaires :

la France, la Suisse, l’UE… ?

Enfin l’indépendance totale nous laisserait en principe toute liberté de négocier nos échanges avec l’UE ou le reste du monde. (Militaire, technique, agricole, industriel, transport, culturel, touristique) et les pays de notre choix. Mais il est utopique de penser que nous allons « chasser l’occupant » du jour au lendemain. Il faudra bien négocier avec notre colonisateur, 155 ans de parcours communs ont laissé des traces, des habitudes fortement ancrées dans l’inconscient de chacun qui demanderont du temps pour s’effacer.

Les droits de douane seront rétablis aux frontières, et de fait nous serions pénalisés à l’importation. Les échanges commerciaux avec l’UE seraient mis à mal et ralentis du fait des freins et contraintes administratives. La mondialisation imposée par les grandes puissances a pour effet de supprimer nos libertés de mouvement. L’indépendance totale n’est plus de mise de nos jours. Une Savoie indépendante devra de toute façon passer des alliances ou des compromis avec ses voisins.

Quoi qu’il en soit ce sera au peuple de décider.

M.V.