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Conscientisation politique

La Savoie a vocation à obtenir son autonomie politique. Pour autant, rien n’est gagné tant que les habitants de notre pays s’enfoncent dans une léthargie qui les apparente plus à la marmotte en hibernation qu’à l’agile chamois.

Pour  notre défense, il faut évoquer le poids du système imposé par l’État français qui détruit toute conscience aussi collective qu’individuelle. L’entreprise d’acculturation a réussi au-delà de toute espérance et elle est,  finalement, parvenue à nous décérébrer. Force est de constater que les intelligences se concentrent à Paris et que l’intellectualisme parisien n’est pas une légende, au détriment d’une province bien terne.

La Savoie, elle, est un pays a bien compris que le système français l’anéantissait. Nous sommes dans la condition d’un pays colonisé dont les habitants tentent de se cultiver pour se réapproprier le pouvoir. Ce mot d’ordre avait été donné par tous les autonomistes africains : « accéder à l’éducation » pour se donner les moyens de se gouverner. Il est important d’inciter toute notre jeune génération à multiplier les compétences pour être en mesure de gérer au mieux notre État. On sait bien que le système scolaire de nos amis français n’est pas parfait, du moins est-ce une base actuelle qui peut très bien être augmentée par l’auto-formation. De fait, plus nous serons faibles culturellement, plus nous aurons vocation à être asservis. Il nous arrive de croiser des jeunes qui en aparté, nous disent,  » c’est bien la Savoie libre« , nous répondons, « alors, travaillez au lycée, pour être ceux qui seront à l’origine de notre  renouveau, parce que vous êtes le présent et l’avenir de notre pays« . On peut reprocher à nos générations nées après la deuxième guerre de n’avoir pas assez appréhendées l’avenir de notre pays, de s’être laissées mener par le courant. Il n’empêche, il n’est pas trop tard. Nous pouvons revenir sur nos erreurs de jeunesse et devenir les activistes de la liberté. Chacun de nous est en capacité de raisonner, encore faut-il se donner le droit de penser par soi-même. Par paresse, par habitude, il est plus simple d’attendre des autres les idées lumineuses, de se ranger au conformisme. On connait les résultats, une Savoie  qui meurt étouffée par l’urbanisation et la stupidité omniprésente. Les intelligences et les capacités en Savoie existent, seulement, l’inertie ambiante les pousse à se recentrer sur eux-mêmes et à favoriser leur propre confort.

Les meilleures fuient « la chose publique » parce qu’elle ne peut être actuellement que source de déception et il devient bien difficile de ramener des candidats dans des liste électorales construites autour de têtes de listes bien souvent attirées par une indemnité et l’illusion du pouvoir.

L’idée de créer un parti politique pour émanciper la Savoie repose bien sur la conscientisation par les habitants de leur avenir commun. Nous sommes dans un pays légitime et nous avons le droit de nous gérer sans rendre de compte à quiconque. Cette idée force est notre fer de lance, elle est l’unique motivation de notre engagement politique. Il ne s’agit pas de se lever en criant, « nous ne voulons plus de la gestion de l’État français qui est calamiteuse » mais au contraire, « peu importe que la situation induite par l’État français soit extraordinaire ou désastreuse, nous voulons l’émancipation parce que c’est notre volonté de femmes et d’hommes libres« . La différence est de taille, d’un coté la réaction épidermique, de l’autre la volonté mûrie d’individus responsables. Celui qui tient à l’indépendance pour des motifs de liberté  attirera le respect, l’autre sera un trublion. Nous faisons confiance au peuple de Savoie malgré toute les tentatives pour l’anéantir, le chemin de la liberté est le nôtre. Il doit s’imposer à l’intérieur de notre pays, tout en n’oubliant pas nos compatriotes qui ont du s’expatrier. Dès lors peu importe les critiques, les coups bas, la Savoie n’est pas un pays de lâches, elle le prouvera.

3 Replies to “Conscientisation politique”

  1. C’est grâce à des articles comme ça que l’on cessera de s’intéresser à la Savoie uniquement pour sa tartiflette et son reblochon!
    Il est temps d’affirmer que la Savoie a un avenir au XXI siècle parce qu’elle s’inscrit dans un processus de responsabilisation politique de l’individu. Nous autres Savoisiens ne tentons pas de rendre vie à un État moyenâgeux mais de mettre en place la société du futur (qui peut-être ne sera pas fondé sur l’État, qui sait!).
    En un mot comme en cent, bravo Opinions savoisiennes! Il est agréable de lire des articles sensés et de qualité au milieu du fatras de discours creux qui abondent sur Internet comme à la radio et dans les journaux.

    Savoie, bonne nouvelle!

  2. Je ne saurai mieux dire que le commentaire d’Amédée. Il est grand temps que nous nous reprenions en main et puissions décider ensemble de notre avenir !

  3. Le nouveau statut de la Savoie
    La Savoie est un pays annexé, les deux départements qui la composent portent toujours son nom alors que la règle républicaine française exige que les noms des départements ne fassent référence qu’à la géographie.
    La Savoie est devenue française à l’issue du traité de Turin du 24 mars 1860.
    Les signataires de ce traité d’annexion, étaient Victor-Emmanuel II, duc de Savoie et roi de Sardaigne et Napoléon III empereur des Français. Un mémorandum secret prévoyait l’entrée des troupes françaises en Savoie dès la ratification du traité. Selon l’article premier de ce traité les populations concernées devaient être consultées.
    Elles le furent mais dans des conditions iniques : absence de bulletins NON, abstention interdite, occupation militaire étrangère, ( 200’000 soldats français pour 584’000 Savoisiens).
    Le 7 juin 1932, la France fut condamnée par la Cour internationale de justice de La Haye pour avoir violé des traités établissant des droits en Savoie avant que celle-ci ne devienne française, (zones franches). Ce jugement, en affirmant que la souveraineté de la France en Savoie est limitée, exprime l’unicité de la Savoie dans l’espace français :
    La Savoie, pays annexé, conserve ses droits garantis par des conventions internationales.
    Le 10 juin 1940, l’Italie déclarait la guerre à la France et réclamait Nice et la Savoie qu’elle n’avait pourtant jamais possédées. Cependant, la déclaration de guerre était signée par le roi d’Italie, Victor-Emmanuel III, petit-fils et héritier direct de Victor-Emmanuel II, le signataire de l’acte du 24 mars 1860. A ce titre cette déclaration de guerre constituait une dénonciation formelle du traité du 24 mars 1860 et précipitait son extinction.
    Le 10 février 1947 était signé à Paris un traité de paix, son article 44 stipule que :
    1. Chacune des Puissances Alliées ou Associées notifiera à l’Italie, dans un délai de six mois à partir de l’entrée en vigueur du présent Traité, les traités bilatéraux qu’elle a conclus avec l’Italie antérieurement à la guerre et dont elle désire le maintien ou la remise en vigueur.
    Toutes dispositions des traités dont il s’agit qui ne seraient pas en conformité avec le présent traité seront toutefois supprimées.
    2. Tous les traités de cette nature qui auront fait l’objet de cette notification seront enregistrés au Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies conformément à l’article 102 de la Charte des Nations Unies.
    3. Tous les traités de cette nature qui n’auront pas fait l’objet d’une telle notification seront tenus pour abrogés.
    Le 24 mars 2010, alors que la France s’apprêtait à fêter le cent cinquantième anniversaire de l’annexion de la Savoie, l’historien Jean de Pingon rendit public deux courriers qui lui étaient adressés. L’un émanait du Ministère français des Affaires étrangères et l’autre du Bureau des affaires juridiques de l’ONU. Ces courriers établissaient
    formellement que le traité d’annexion du 24 mars 1860 n’avait pas été enregistré auprès du Secrétariat général des Nations Unies.
    Le 15 juin 2010, Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et européennes, affirma devant l’Assemblée nationale que le traité du 24 mars 1860 avait bien été notifié à l’Italie, cette déclaration solennelle constitue la reconnaissance implicite qu’une absence de notification aurait signifié l’abrogation du traité.
    Cependant, le Ministre avouait que le traité n’avait pas été enregistré auprès de l’ONU et déclarait que le Ministère des Affaires étrangères et européennes  » a pris, d’ores et déjà, toutes les dispositions utiles pour que le Traité du 24 mars 1860 soit bien enregistré dans les meilleurs délais auprès du Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies. »
    Jean de Pingon fit alors parvenir au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unie un mémoire dans lequel il développait, sur plusieurs points, une argumentation montrant que le traité d’annexion était en fait abrogé ce qui interdisait son enregistrement par l’ONU.
    Il exposait, entre autres, que le Gouvernement français n’avait pas notifié le traité d’annexion à l’Italie car il aurait dû, selon le premier article de ce traité, procéder à une nouvelle consultation populaire en Savoie. Le Gouvernement français n’entendait pas procéder à une telle consultation, d’une part parce qu’il n’était pas possible de reproduire en 1948 les conditions iniques du vote de 1860 qui avaient assuré un succès pour l’annexion à 99,8%, d’autre part parce qu’il n’entendait pas créer un précédent relatif aux droits des peuples en pleine période de guerres coloniales, (Viêt Nam, Madagascar, etc…).
    Le Gouvernement français a donc usé d’un stratagème en notifiant à l’Italie un traité en date du 24 mars 1760. Ce traité n’avait pas lieu d’être notifié en 1948 car c’était un traité de limites entre le royaume de France et le duché de Savoie. Mais le Gouvernement français escomptait créer la confusion entre le traité du 24 mars 1760 et celui du 24 mars 1860 et comptait rectifier les dates ultérieurement. Le stratagème ayant été éventé, le Gouvernement français se résolut à notifier le véritable traité, entre-temps les délais pour cette notification avaient expiré précipitant ainsi l’abrogation du traité. En 1948, le Gouvernement français ne présenta pas le traité d’annexion pour enregistrement auprès de l’ONU qui n’aurait pu que constater l’abrogation du traité et refuser de l’enregistrer.
    En 2012, le Secrétariat général de l’ONU statua en faveur des arguments développés par Jean de Pingon en rejetant la requête du Ministère français des Affaires étrangères, et en refusant d’enregistrer le traité d’annexion de la Savoie (NDLR et du Pays de Nice ).
    Le 24 décembre 2012, Jean de Pingon rendit public le refus de l’ONU d’enregistrer le traité de Turin du 24 mars 1860, dit traité d’annexion. Deux semaines plus tard, dans le Journal Officiel de la République française du 8 janvier 2013, le Gouvernement français confirmait le refus d’enregistrement de l’ONU, mais avançait qu’il était facultatif et que le traité d’annexion était toujours en vigueur car il avait bien été notifié à l’Italie. Le Gouvernement français ne produisait aucun document susceptible de confirmer la notification du traité, dans les délais, à l’Italie mais évoquait seulement une hypothétique note verbale (non signée) et une parution au Journal officiel (comportant quelques « erreurs » de dates).
    Ces pièces, sans effet diplomatique, ne peuvent être retenues pour constituer une notification du traité.
    Il est désormais établi que le traité d’annexion n’a pas été notifié à l’Italie selon les termes du traité du 10 février 1947. De plus, le Gouvernement français ne peut sérieusement affirmer que l’enregistrement auprès de l’ONU était facultatif après avoir annoncé, par voie ministérielle et devant l’Assemblée nationale, qu’il allait solliciter cet enregistrement.
    D’autre part, en notifiant à l’Italie, dans les délais impartis par l’acte du 10 février 1947, le traité du 24 mars 1760, la France, « à l’insu de son plein gré », a notifié, sur la place internationale, qu’elle n’était plus propriétaire des territoires annexés au titre du traité du 24 mars 1860. En effet, le traité du 24 mars 1760 établissait un tracé de frontières entre France et Savoie, (grand nombre des bornes sont toujours en place). Ce traité est le premier traité au monde congénital à un tracé de frontières par des géomètres.
    Ainsi, le traité de limites du 24 mars 1760 devient-il, du fait de sa remise en vigueur en 1948, l’ultime acte international concernant le territoire savoisien (NDLR et du Pays de Nice).
    De ce qui précède, il ressort:
    – Qu’aux termes du paragraphe 3 de l’article 44 du traité de Paris du 10 février 1947, le traité d’annexion, unique légitimité des institutions françaises en Savoie, est définitivement abrogé.
    – Que ce traité d’annexion est désormais remplacé par le traité légalement notifié et remis en vigueur en 1948 : le traité de limites du 24 mars 1760.
    – Que la Savoie jouit d’un nouveau statut tant au regard du droit international que du droit national, (l’article 55 de la Constitution française stipule que les traités prévalent sur les lois).
    – Que sur les territoires savoisien et niçois les institutions françaises, nationales, régionales, départementales et municipales n’ont plus pouvoir d’administration qu’à titre transitoire.

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