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Année de réforme de l’orthographe, annus horribilis ?

La réforme de l’orthographe, bien légère, a soulevé l’indignation de la France bien et moins bien pensante. Imaginez  ! Donner le droit au quidam d’écrire nénufare et de se passer de l’accent circonflexe sur le « u » de sur et c’est l’âme française qui part, un peu comme si le franc disparaissait au profit d’une autre monnaie ! Mieux encore, oignon devenu ognon les a fait pleurer, comme quoi l’orthographe ne fait rien à l’affaire, les ognons qui se visiblement se moquent de la manière dont on les écrit,  ont gardé le pouvoir d’activer les glandes lacrymales.

Le lecteur assidu d’Opinions Savoisiennes aura compris en relevant par ci, par là quelques fautes d’orthographe, que nous n’étions pas très à l’aise avec la langue française. Pour notre excuse, nous répondrons que nous n’avons fréquenté que des écoles françaises où nos condisciples n’étaient pas plus brillants que nous, pas plus d’ailleurs, que ceux qui  nous avaient précédé, à partir de 1860. Il parait que les titulaires du certificat d’études écrivaient sans faute, disons plutôt que ceux qui les relisent actuellement ne les voient pas ! Le français a des arcanes obscures et incompréhensibles ou l’on perd son latin. Par exemple, « tempus »  a donné temps, mais curieusement « campus »  s’est transformé en champ, une disparition du « s » bien mal venu pour ceux qui osent se mêler de logique ! Finalement, il faudrait admirer celui qui écrit champs pour sa logique et ses quelques connaissances et non le blâmer.

Enfin, nos voisins français sont bien ennuyés avec leur langue, nous leur avons bien envoyé, au milieu du 17 ème siècle, le grammairien Vaugelas, fils d’un président du Sénat à Chambéry pour mettre un peu d’ordre dans tout cle fatras mais il n’a que médiocrement réussi. Il faut dire, que si chaque fois qu’il tentait la moindre modification les récriminations étaient aussi fortes qu’aujourd’hui, le pauvre homme, qui était bien mal payé de ses services, avait de quoi être lassé. Il parait alors qu’il choisit de mourir sur cette parole philosophique : « Vous voyez, mon ami, répondit Vaugelas, avec le flegme d’un grammairien qui démontre une règle, vous voyez le peu de chose qu’est l’homme.» (https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Favre_de_Vaugelas).

Eh oui, mon cher Vaugelas, vous vous êtes usé pour bien peu de chose.

En France, la réforme intelligente parait impossible, par contre plus elle est absurde, plus elle réussit, c’est ainsi, et nous vous  laissons, à titre de preuve, observer les belles et récentes modifications initiées par le gouvernement Valls. Par chance,  nous vous le rappelons,  nous avons la chance d’habiter dans une Savoie demain souveraine et que  cela ne nous concerne plus.

Aussi en Savoie, nous aurons à cœur de créer une véritable réforme de l’orthographe, si nous gardons le français comme langue, qui s’appuiera sur une logique imparable et tant pis pour ceux qui considéreront qu’il s’agit d’une nouvelle « annus horribilis« , nous les laisserons à leur embarras gastrique, tout en leur faisant remarquer, qu’il est fort malséant, en latin, de confondre « anus » et « annus « !