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LA SAVOIA FARA’ DA SE

LA SAVOIA FARA’ DA SE

La Savoie l’a déjà appris une fois à ses dépens : l’appui des grandes puissances se paie cher.

C’était en 1858, à la veille des accords de Plombières. Du haut de son mètre cinquante-huit, Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne et comte de Savoie, considéra que ses possessions étaient trop petites pour le grand souverain qu’il pensait être et qu’il lui fallait un plus vaste royaume. Quoi de mieux, pour cela, que de prendre la tête de l’unification italienne ? Hélas, il avait affaire à un ennemi de poids : l’Empire autrichien, qui occupait la Lombardie et la Vénétie.

Son ministre Cavour lui souffla alors une idée qui allait décider du sort de la Savoie. Il fallait négocier avec Badinguet III, empereur autoproclamé des Français, pour obtenir son assistance militaire contre l’Autriche. Badinguet s’intéressa vivement à la cause italienne et promit d’envoyer son armée en Italie…en échange de Nice et de la Savoie. Cavour, descendant de la famille de Sales par sa mère, hésita-t-il un instant à vendre la terre de ses ancêtres ? Pas du tout. On peut être de famille avec Saint François de Sales et se révéler un Judas accompli.

La suite de l’histoire, on la connaît bien : référendum truqué, annexion par la force des armes, massacre des Savoisiens lors de la Première Guerre mondiale…voici ce qui arrive lorsqu’un petit peuple, pour vaillant qu’il soit, décide de se fier aux puissances étrangères.

La Fontaine l’avait déjà bien compris, qui dans sa fable Le jardinier et son seigneur évoque ce brave bourgeois qui demande au hobereau local de le débarrasser d’un lièvre infestant son potager. Hélas, une fois entré chez le bourgeois, le gentilhomme « commande chez l’hôte, y prend des libertés,/ Boit son vin, caresse sa fille » et enfin dévaste le jardin avec ses chasseurs et sa meute, faisant « plus de dégâts en une heure de temps/ Que n’en auraient fait en cent ans/ Tous les lièvres de la province ». Il va de soi que le bourgeois est le Savoisien et le lièvre le Français, quant au seigneur…suivez mon regard !

Que l’on fonde de nouveaux partis pour œuvrer à la libération de notre pays, voilà qui est louable ; que l’on décide d’utiliser l’outil internet mis à notre disposition par les Français imprévoyants, voilà qui est ingénieux, chapeau bas ! On ne peut que féliciter les vrais Savoisiens qui prennent de telles initiatives. Mais méfions-nous de ces grandes puissances qui prétendent nous aider. Le moraliste avait raison :
« Petits princes, videz vos débats entre vous,
De recourir aux rois vous seriez de grands fous.
Il ne les faut jamais engager dans vos guerres,
Ni les faire entrer sur vos terres. »