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Rappel historique pour Savoisiens curieux, Savoyards amnésiques et Français ignorant l’histoire de la Savoie et celle de leur pays

Rappel historique pour Savoisiens curieux, Savoyards amnésiques et Français ignorant l’histoire de la Savoie et celle de leur pays

Ce rappel historique commence sous le règne de Napoléon III, dit Badinguet. Celui-ci était obsédé par des frontières naturelles faciles à protéger, ce qui était compréhensible, et il voulait obtenir la partie ouest du Duché de Savoie (les départements 73 et 74 actuels). Par la force, c’était difficile, la Savoie étant un État souverain aux frontières internationalement reconnues par le Congrès de Vienne de 1815, et dont plusieurs grandes puissances se portaient garantes. D’ailleurs un traité signé le 24 mars 1760 (date à retenir) entre le Royaume de France et le Duché de Savoie délimitait la frontière entre les deux Etats. La force étant exclue, il restait la ruse.

Or Cavour souhaitait réaliser l’unité italienne, mais il lui fallait d’abord chasser les Autrichiens du Haut-Adige, et pour cela il avait besoin d’une aide militaire.

Badinguet et Cavour s’entendirent alors en 1858 à Plombières. Le marché conclu était cette aide militaire contre la partie convoitée de la Savoie. Après la défaite des Autrichiens à Solferino, Badinguet réclama son dû mais, étant superstitieux, il choisit pour annexer la Savoie, le 24 mars 1860. Il croyait ainsi exorciser le traité précité de 1760 déterminant la frontière entre la France et le Duché de Savoie. Il ignorait alors que 80 ans plus tard, la similitude entre les deux dates, et leur possible confusion, seraient utilisées frauduleusement par la France pour abuser l’ONU et s’incruster illégalement en Savoie.

Également à retenir, le traité d’annexion n’était pas signé entre deux Etats mais entre deux personnes, Napoléon III et Victor-Emmanuel II, Duc de Savoie et du Piémont, mais aussi Roi de Sardaigne.

C’est de là, que vient la légende selon laquelle la Savoie était Sarde avant d’être annexée par la France, comme si des Sardes avaient occupé la Savoie, mais l’histoire coloniale à la vie dure. Les petits africains ont bien appris, eux, que leurs ancêtres étaient gaulois. Et dans la Mairie de mon village est affiché un cadastre de 1730, prétendu sarde, comme si des géomètres de cette belle ile étaient venus, chez nous, pour arpenter nos montagnes. Et dans une ville voisine, une ancienne caserne transformée en restaurant a pris pour nom « la caserne sarde » alors qu’elle n’a jamais vu un Sarde dans ses murs. Et enseigne-t-on l’histoire de la Savoie à Chambéry ou à Annecy ? Que nenni, la colonisation est passée par là et on n’y rabâche que l’histoire frelatée de la Monarchie républicano-bananiere voisine, avec ses erreurs, ses approximations, ses légendes et ses âneries. Et actuellement, les petits Tibétains n’apprennent-ils pas l’histoire des dynasties célestes de l’Empire du milieu.

Ce traité d’annexion signé à Turin le 24 mars 1860, le seul et unique document justifiant la présence française en Savoie et l’occupation de son territoire, devait être approuvé par la population savoisienne. Il le fut, mais dans des conditions extrêmement contestables, les « Napoléon » étant passés maitres en plébiscites truqués.

Ce traité d’annexion a immédiatement été violé par la France qui ignora la neutralité de la Savoie du nord, puis supprima unilatéralement la grande zone franche, le rendant ainsi caduque, mais oublions le passé.

En effet l’abrogation irrévocable et définitive du traité d’annexion date de 1940, quand l’Italie a envahi la Savoie et l’a occupée, chassant et remplaçant l’occupant français. L’héritier de Victor-Emmanuel II revendiqua alors la possession de la Savoie et, imposant la loi du vainqueur, révoqua le traité de 1860. La Savoie est donc devenue italienne en 1940 (tout comme l’Autriche était devenue allemande en 1938 avec l’anschluss) jusqu’à ce qu’elle se libère en 1944.

Il faudra cependant attendre le traité de paix de Paris du 10 février 1947 pour clarifier une situation assez confuse.

Ce traité, qui met officiellement fin aux hostilités est un acte fondamental. En effet, par son article 44-1, il demande à la France de notifier à l’Italie avant le 15 mars 1948, quels traités antérieurs, au conflit, elle veut remettre en vigueur (dont celui d’annexion de Turin de 1860), et l’article 44-2 précise que tous les traités ayant été notifiés a l’Italie devront alors être enregistrés auprès du Secrétariat des Nations Unies. Enfin l’article 44-3 stipule que tous les traites non notifiés a l’Italie, et de fait non enregistrés auprès des Nations Unie, seront alors considérés comme étant définitivement abroges. C’est clair, net et précis.

Pour bien comprendre la suite, il faut savoir que la Savoie s’est libérée par elle-même et, en 1943, Maurice Schumann déclarait sur les ondes de la BBC qu’il n’y avait que trois pays qui résistaient encore, la Grèce, la Yougoslavie et la Savoie, qui était alors bien considérée comme étant un Etat à part entière.

La France, avec son passe collaborationniste, n’était donc pas vraiment la bienvenue quand, en 1945, elle est revenue subrepticement et illégalement réoccuper le territoire qu’elle avait perdu, et qui pourtant était alors souverain, mais la France voulait absolument conserver la Savoie dont elle avait un besoin stratégique.

Cependant, elle ne souhaitait pas que ce traité de 1860 soit mis sur le tapis vert car sa remise en vigueur aurait impliqué une nouvelle consultation de la population de Savoie, et un résultat favorable à la France était très loin d’être acquis. On n’était plus sous le règne de Badinguet et des plébiscites truqués, mais sous l’égide de l’ONU qui, de surcroit, ne reconnaissait pas les annexions territoriales. Et il y avait aussi les problèmes liés à la décolonisation. « Libérer » la Savoie aurait été un très mauvais signal envoyé aux populations d’Afrique et d’Indochine qui luttaient déjà pour leur indépendance. De fins politiciens parisiens eurent alors une brillante idée. Ne pas notifier à l’Italie le traite d’annexion de 1860, mais celui précité de 1760 relatif aux frontières, tout en l’affublant d’un « 1860 ». Ils spéculaient qu’ils pourraient ensuite plaider l’erreur de texte et demander une rectification, seule la date de 1860 étant à retenir. Une belle magouille bien française, mais c’était jouable et ils pensaient que ça passerait. C’est donc le traité relatif aux frontières de 1760 qui fut notifié à l’Italie, affublé d’un « 1860 », et la preuve existe comme on le verra plus loin. Pas de chance, un obscur fonctionnaire pointilleux releva « l’erreur » et retourna le dossier pour rectification.

Catastrophe pour les magouilleurs parisiens. « Mergitur nec fluctuat ». Leur combine était éventée et, l’administration onusienne étant très lente, le délai fatidique du 15 mars 1948 était dépassé. Donc pas de notification à l’Italie de la remise en vigueur du traité d’annexion de 1860 et pas d’enregistrement à l’ONU, ce qui est prouvé. L’article 44-3 du traité de paix signe par la France s’appliquant de plein droit, le traité de d’annexion était définitivement abrogé. La Savoie n’est donc plus française depuis 1940 et elle est redevenue le pays souverain aux frontières reconnues qu’elle était avant 1860, ce que la France refuse toujours de reconnaitre, malgré l’évidence et les preuves existantes.

C’est qu’elle est grasse la vache savoisienne et elle rapportait, et rapporte toujours beaucoup, à tous ces oligarques parisiens. Et la France d’après-guerre manquait de tout pour sa reconstruction et elle avait un besoin impératif des barrages et des usines sises à proximité. Elle voulait garder la Savoie à tout prix mais pour cela il fallait trouver une nouvelle magouille. Elle prétendit alors fin 1948 que la remise vigueur du traité d’annexion de 1860 avait bien été notifiée a l’Italie, mais verbalement.

C’est non seulement mensonger mais c’est aussi invraisemblable que grotesque. Peut-on imaginer un seul instant que les traités internationaux se notifient verbalement ? Et pourquoi pas au bistrot du coin devant un p’tit verre de blanc ?  Mais pour soutenir une telle ineptie, encore fallait-il trouver un complice aux ordres du pouvoir. Bingo, il y avait en poste à Rome un diplomate tout dévoué pour ce faire et ce zélé serviteur de l’État magouilleur affirma alors très sérieusement qu’il avait bien notifie verbalement aux autorités italiennes la remise en vigueur de ce traité de 1860, mais sans doute quelque peu distrait, il indiqua la date du 15 mars, donc hors délai, la limite étant le 14 avant minuit.

Pour rectifier sa gaffe, il indiqua alors le 1er mars. Encore pas de chance, le service des archives du Ministère des Affaires étrangères contacté a, par un courrier référence 1002 du 25/01/2002, confirmé que l’hypothétique dépôt avait bien eu lieu le 15 mars. On a donc un dépôt verbal, qui ne vaut pas un clou, et de toutes manières hors délai, donc nul. Précisons que ce sémillant diplomate était Geoffroy Chodron de Courcel, cousin de la pétillante Bernadette Chirac, la dame aux pièces jaunes. Et il faut aussi savoir que cette sympathique famille avait été anoblie en 1867, un « de Courcel » tombant opportunément dans le chodron. Et qui donc était le bienfaiteur de cette nouvelle et heureuse dynastie ? Mais Badinguet bien sûr, celui qui voulait à tout prix s’emparer de la Savoie. L’histoire est parfois malicieuse.

C’est donc indéniable, la remise en vigueur du traité d’annexion de 1860 n’a jamais été notifiée a l’Italie dans les formes et dans les délais et, bien sûr, jamais été enregistrée auprès des Nations Unies, ce que cette organisation a confirmé par écrit le 15 décembre 2009. Le traite d’annexion, seul et unique document qui permettait à la France d’occuper la Savoie n’existe plus, même si la France s’incruste sans droits ni titres dans sa dernière colonie. Mais sa présence n’y est que transitoire et elle ne peut y exercer que des pouvoirs limités, dans l’attente que le statut de la Savoie soit clarifié par une instance internationale, ce qui arrivera immanquablement. Après la lettre précitée de l’ONU, un avocat et député de la Loire, Yves Nicollin, s’est inquiété a juste titre le 6 avril 2010 de cet état de fait devant l’Assemblée nationale. Il fut très vite renvoyé aux problèmes de sa circonscription par un arrogant Ministre de l’Intérieur, mais son intervention a permis à une autre gloire du Quai d’Orsay de briller pas son incommensurable compétence et de réussir à légaliser la forfaiture française devant l’assemblée nationale. En effet, un « french doctor » à blouse réversible, alors Ministre des Affaires lui étant étrangères, s’est emparé du dossier et, pendant qu’il clamait haut et fort que l’enregistrement auprès de l’ONU était inutile, il déclarait tout aussi bruyamment qu’il allait tout faire pour l’obtenir dans les plus brefs délais. On l’attend toujours cet enregistrement car, outre le fait avéré que la remise en vigueur du traité d’annexion de 1860 n’a jamais été notifiée à l’Italie, l’ONU ne reconnait pas les annexions territoriales. Or la Savoie a été annexée, et non pas réunie ou rattachée comme le prétendent maintenant des troupeaux de godillots.

Autre magouille bien française, et ce n’est pas la dernière. En novembre 1948, après l’échéance du 15 mars, et après que le dossier ait été retourne par l’ONU et la mascarade de la déclaration verbale, un autre brillant fonctionnaire des Affaires étrangères tenta de couvrir les erreurs accumulées par un décret du journal officiel. Encore une imbécilité de plus! En effet le JO du 14/11/48 n’indique aucune référence quant à la notification à l’Italie, et pour cause, il n’y en eut jamais, et ce JO est hors délai d’au moins 8 mois. Par contre, avec un crétinisme abyssal, le JO qui n’aurait dû publier que le traite d’annexion de 1860, indique aussi le traité relatif aux limites territoriales, et avec la fausse date de 1860 au lieu de 1760, prouvant ainsi de manière irréfutable la forfaiture française. Si la France avait vraiment demande le rattachement de la Savoie, elle n’aurait alors jamais réclamé le rétablissement de la frontière entre elle et l’Etat de Savoie. Elle avait donc bien notifié ce traité relatif aux limites affuble de la fausse date de 1860, d’ailleurs toujours visible sur le JO. Les crétins des Alpes auraient-ils émigré à Paris ?

 

  • Et pourtant, au mépris de l’évidence et des preuves existantes, on trouve des magistrats aux ordres et particulièrement zélés qui jugent que la Savoie est toujours française. Ces décisions méprisables ne font guère honneur à l’institution judiciaire française, mais que valent-elles puisque dans cette affaire la France est partie prenante et n’est donc pas juridiquement compétente pour juger de son infraction. Seule une instance internationale indépendante pourra se prononcer et cela viendra inéluctablement. Patience et longueur de temps…… Mais l’histoire a parfois de curieux rebondissements. Quand Badinguet a annexé la Savoie, il ne pouvait pas imaginer les conséquences militaires, et tragiques, de son caprice alpin. Lorsque le gouvernement français a été interpellé en avril 2010 au sujet du statut de la Savoie, qui n’est plus française et qui pourrait être reconnue par un pays tiers, un grand hebdomadaire français s’est intéressé a cette affaire et il a écrit le 4 aout de la même année « que le députe Nicollin demandait au gouvernement de spécifier les mesures qu’il entendait prendre pour faire face et anticiper a l’ONU le risque certain de reconnaissance internationale de la Savoie par un ou plusieurs Etats étrangers, ravis de brandir le traite de Paris de 1947 et de reconnaitre un Etat géopolitiquement stratégique et détaché de la France« . Le Ministre des Affaires étrangères affirmant qu’il prenait toutes les mesures nécessaires pour que le traite d’annexion de 1860 soit rapidement enregistré à l’ONU (comme on l’a déjà vu plus avant) l’hebdomadaire concluait « vite, vite avant que la Libye, elle-même décolonisée en vertu de ce traite de 1947, ne s’en empare et que Kadhafi ne reconnaisse la Savoie libre juste pour énerver Sarkozy« 

Kadhafi lisait-il la presse française ? En fait, il était souvent mieux informé que bien des dirigeants occidentaux enfermés dans leurs habitudes et leurs certitudes et il connaissait les clauses du traité de 1947, ainsi que le statut de la Savoie, son Ambassade de Berne qui en avait été informée ayant attiré son attention sur ce sujet délicat. Toujours est-il que lorsque le Guide libyen s’est vraiment brouillé avec le voyou de l’Élysée, et on ne sait pas vraiment pour quelles raisons, Kadhafi a fait part de son intention de reconnaitre la Savoie en janvier 2011, sans réaliser qu’il signait ainsi son arrêt de mort.

On connait la suite. Sans autres raisons, que celles fallacieuses, qui ont été avancées ensuite, et sans aucun mandat international, l’aviation française est intervenue brutalement en Libye le 19/3/2011, suivie par celle de commandos. Kadhafi s’était enfui mais il a été poursuivi et traqué avec l’aide des forces françaises puis exécuté, alors que rien ne semblait le justifier. Un autre hebdomadaire français a même affirmé que l’assassinat de Kadhafi était un crime prémédité. Beaucoup de raisons plus ou moins fantaisistes ont été avancées à propos de cette intervention inexplicable et irresponsable en Libye, et dont on paye très cher les conséquences, ainsi que de l’exécution de Kadhafi. On a beaucoup cherché dans les sables de la Tripolitaine la clé de cette guerre stupide, alors qu’il fallait peut-être fouiller dans les neiges de la Savoie.

Et maintenant, si le petit voyou magyar et le gamin gâté de Brigitte viennent pérorer au Plateau des Glières, est-ce par hasard, ou plutôt pour affirmer la présence française en Savoie, et narguer les Savoisiens ? Viennent-ils y célébrer la résistance ou plutôt l’ordre établi de la collaboration. Ils semblent tellement aimer l’ordre, et en 1943, auraient-ils été des maquisards en haillons aux Glières, ou plutôt des miliciens en bel uniforme noir, aux ordres de la Gestapo pour arrêter, torturer ou assassiner des résistants ? Toujours est-il que lorsqu’ils viennent squatter sur le Plateau, c’est bien le tricolore qui domine tandis que les drapeaux de la Savoie y sont interdits par des légions de leur garde prétorienne. La Savoie n’est plus française et il faudra s’y faire. Dans les années 50, de brillants politiciens aussi avises et clairvoyants que les squatteurs des Glières affirmaient que l’Algérie, elle aussi colonisée et départementalisée, resterait française. On connait la suite.

4 Replies to “Rappel historique pour Savoisiens curieux, Savoyards amnésiques et Français ignorant l’histoire de la Savoie et celle de leur pays”

  1. génial voilà! article génial clair net précis.. bref 100% SAVOIE dans toutes sa splendeur!
    bravo

  2. Je connaissais les grands traits de cette mascarade bien française,mais avec tous ces détails,ça peut que nous conforter dans l idée de notre  » désannexion »,qui serait un grand bien pour les savoisiens.La France donneuse de leçon, n est en faite que l ombre d elle-mème, un pays dirigé par des incompétents notoires,des va-t-en guerre,et de surcroit des menteurs patentés .Malheureusement, notre Histoire n est pas assez connue de nos compatriotes; il est vrai que les médias nationaux  » aux ordres » ,ne sont pas prèts de diffuser l information .

  3. « Obsédé par les frontières naturelles » c’est la fameuse théorie française des frontières naturelles qui a valu à la Savoie d’être annexée (Alpes), au pays Basques d’être coupé en deux (Pyrénées) et à l’Alsace Lorraine (Rhin) d’être le cœur du conflit de 1870 qui a entrainé la première guerre mondiale (revanche) qui a initié la 2ème guerre mondiale du fait du traité de Versailles qui avait mis à genou l’Allemagne en la méprisant créant ainsi le nazisme et des dizaines de millions de morts! Ainsi que l’invasion des immigrants musulmans actuelle à cause de l’Allemagne qui leur a ouvert grand ses portes pour se faire pardonner les atrocités nazies.
    Voilà où mènent directement ou indirectement ces théories françaises !
    Si les Français étaient resté chez eux sans se mêler des autres, qu’est-ce que l’Europe, le monde, et la Savoie se porteraient mieux !

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