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Les élections locales à l’aune du clientélisme

Lorsque jeunes adolescents, nous lisions  la Guerre des Gaules, certaines phrases ne manquaient pas de nous interroger. Nous livrons celle-ci à votre sagacité : « un jeune Arverne très puissant, Vercingétorix,  fils de Celtillos, qui avait eu le premier rang dans la Gaulle, et que sa cité avait fait mourir parce qu’il visait la royauté, assemble ses clients et les échauffe sans peine. »

A cette époque, nous nous demandions bien ce qu’étaient ces clients et ce que vendait Vercingétorix ?

Des caramels mous, des perles, des chars, des casques avec des cornes ?

Le mystère longtemps est resté entier, jusqu’à l’examen, sous l’angle sociologique, des élections locales à la française.

A l’instar du chef gaulois, le moindre élu local a ses clients qui se rassemblent dans ses réunions et qui du coin de l’œil cherchent une connaissance pour mieux se rassurer. Ces personnes, prises dans l’entrain communicatif des phrases vaines et des critiques insipides, savent aussi bien  applaudir, que huer les contradicteurs.

A la fin de cette étude, passionnante,  nous pouvons énoncer que : le client est un individu en attente de faveurs qui resteront, pour la plupart, et vous vous en doutez, en attente.

Quel grand parent n’a pas un petit-fils à faire rentrer dans une collectivité locale, quel petit fils n’a pas un grand parent à placer en maison de retraite ? Quand on a de telles préoccupations, on a bien l’obligation de supporter pendant une soirée quelques inepties, au lieu de son feuilleton habituel. Et me direz-vous, celui qui n’a aucune chance d’être élu, mais des convictions, qui sait par exemple, que son pays doit être libre,  a t-il des clients ? Non, pauvre hère  errant de salles communales en salles communales, il mesure le courage de ses compatriotes à l’étendue de locaux vides d’électeurs locaux. Aux mieux, un conseiller municipal lui ouvre la porte et s’enfuit, au pire, on lui laisse un écriteau : « fermez la porte et remettez la clef dans la boite aux lettre de la mairie ».

Au fait, César avait, également, des clients, mais à vouloir confisquer la démocratie, sa fin fut aussi peu glorieuse que celle de son adversaire.

C’est à méditer : le clientélisme, ça n’a, peut être, pas que du bon !