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Genève et le désenclavement du Chablais

Genève et le désenclavement du Chablais

Début 2020, de nombreux médias savoisiens, français ou genevois se sont fait écho de la décision de la ville de Genève de se lancer dans une bataille juridique contre la signature du 24 décembre 2019, par le premier ministre, de la déclaration d’utilité publique de ce désenclavement, qui risque de faire de l’ombre au tout nouveau Léman-express, inauguré dans la douleur des grèves françaises le 15 janvier 2020 – qui mérite dès lors le sobriquet de Néant-express qui lui a déjà été attribué pour sa partie française.

Que la ville de Genève se rassure, il y a peu de chance que ce désenclavement-là puisse concurrencer la ligne L1 du Léman-express.

En effet, ce bout d’autoroute «hors sol», de moins de 16 km, limité à 110 km/h, non relié aux réseaux autoroutiers existants, qui coûtera entre € 1,60 et € 2,40 par passage (les estimations sont plutôt larges !), qui fera un détour par Perrignier, n’aura pas grand attrait sur les frontaliers se rendant à Genève depuis Evian ou Thonon, contrairement à une voie rapide à deux fois deux voies reliant directement le contournement de Thonon à la voie rapide de Saint-Cergues, gratuite, également limitée à 110 km/h et nettement moins gourmande en surfaces agricoles.

Qui dépensera entre € 600 et € 1’350 par an (suivant la fourchette du tarif annoncé, comparée au € 35 par an pour l’ensemble du réseau autoroutier suisse) pour rouler à 110 km/h sur 15 km, en faisant un détour, pour un gain de temps de seulement cinq minutes par trajet à cause du ralentissement du péage ? Les bouchons douvainois auront encore de beaux jours devant eux ! A moins peut-être de créer une gare du Léman-express à Douvaine et poser 7 km de voie jusqu’à Machilly.

Le Conseil départemental de la Haute-Savoie s’est senti obligé de garantir l’équilibre des comptes, voilà bien la preuve que les futurs concessionnaires savent très bien que, par manque d’attrait, cette autoroute hors-sol ne sera jamais rentable. Les Genevois n’ont donc pas de souci à se faire pour le Léman-express, par contre les Savoyards, eux, peuvent s’inquiéter, car au final ce sont eux qui financeront avec leurs impôts les déficits du concessionnaire privé, selon la bonne vieille règle de la privatisation des profits et de la socialisation des déficits. Concessionnaire qui, lui, n’aura aucun souci à se faire ! Jolie arnaque aux Savoyards, qu’avait déjà relevée le parti 100 % Savoie.

Si l’on compare la menée à bien des projets de la traversée de Vésenaz en tunnel, en Suisse fédérale à démocratie directe, qui s’est réalisée suite à une votation populaire, avec le projet bancal de cette pseudo autoroute hors-sol à vitesse réduite, imposée en Savoie, soumise au système français centralisé, où le peuple n’a que manifestations et grèves pour se faire entendre, on se rend vite compte de l’efficacité, ou de la non-efficacité, de chaque système. Là encore, 100 % Savoie a raison de vouloir obtenir une autonomie maximum pour la Savoie. Si les Savoyards pouvaient choisir leurs infrastructures, en toute connaissance de causes, après débats contradictoires, on n’en arriverait pas à ces problèmes transfrontaliers. En effet, une décision populaire est irrévocable dans une vraie démocratie, ce que connaît bien Genève qui ne pourrait dès lors que respecter la volonté des Savoyards, et non plus contester un projet imposé par les élus au profit de grands groupes autoroutiers parisiens puisant dans le porte-monnaie des Savoyards.

Certains de ces médias relèvent le coup de gueule du bouillant Jean-Christophe Bernaz, promoteur de son état, à l’encontre de la décision genevoise la qualifiant d’ «ingérence internationale». Curieux, ce promoteur est resté étrangement muet quand la Confédération suisse à «ingéré» sa France de 25 millions d’euros pour le tram d’Annemasse, de 110 millions d’euros pour la ligne des Carpates (Bellegarde-Bourg-en-Bresse), de 28 millions d’euros pour la ligne Delle-Belfort, etc. Quels types de pays se font financer leurs infrastructures par l’étranger, car incapables de les financer eux-mêmes ? Ils se trouvent nettement plus au sud !

Au lieu de vouloir « faire comme Trump en Irak ou en Iran et foutre le bordel là-bas [donc à Genève] », selon les menaces de M. Bernaz, celui-ci ferait mieux de se réveiller, adhérer à 100 % Savoie, lancer ses coups de gueules contre sa France et y «foutre le bordel», afin que les Savoyards retrouvent leur souveraineté et qu’ainsi leurs décisions ne puissent plus être contestées par qui que ce soit. Bon ! le bordel, il y est déjà depuis longtemps en France avec ses grèves traditionnelles, seul moyen qu’ont les Français de s’exprimer, car privés de leurs droits populaires de référendum ou d’initiative, droits exigés par le parti 100 % Savoie.

2 Replies to “Genève et le désenclavement du Chablais”

  1. Pauvre Savoie ! Toujours le dindon de la farce française, alors que la seule voie viable pour la Savoie, c’est la voie rapide vers la souveraineté.
    100 % Savoie propose une telle voie, celle de l’émancipation, alors n’hésitez pas à vous y engager : c’est une voie sûre avec un bon macadam, et pas du goudron et des plumes… de dindon.

  2. Est-ce que l’autoroute Annecy-Genève, au tarif kilométrique prohibitif car touche principalement les « riches » frontaliers, bilatéraliers et autres eurofrontaliers, a supprimé les bouchons à Cruseilles?

    Il est vari que le concurrent le plus dangereux au Léman-Express serait la construction d’une voie rapide 2X2 voies gratuite reliant celles de Thonon et du plat de Saint-Cergues, ce qui n’est malheureusement pas du tout le projet des promoteur du désenclavement du Chablais.

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