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La justification de l’annexion par une langue commune : fin de non-recevoir

 Le texte ci-dessous extrait de Choses de Savoie vers1860 de  Charles Montmayeur (Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France Montmayeur, Charles. Choses de Savoie vers 1860 / Charles Montmayeur. 1911.) est une citation antérieure au 24 mars 1860, de tendance résolument anti-annexionniste. Dans son ouvrage, Charles Montmayeur, reproduit certains propos d’un auteur qui nous est encore inconnu, à l’heure actuelle. Nous remercions, par avance, les contributeurs qui pourront l’identifier.
Cet extrait remet clairement en cause l’argument de la langue commune avec la France  comme justification de l’annexion :
« Si la  nationalité est dans la langue, à quoi se  réduisait dans les temps passés la nationalité française ?
Et la France donc, est-elle condamnée à envahir aujourd’hui tout  ce qui parle français depuis les vallées d’Aoste qui débouchent sur Turin, la province de Pignerol, jusqu’aux portes de la Hollande et au cœur de la  Prusse ?
La carte d’Europe devient une question de grammaire. La nationalité n’est donc pas là où la placent les faiseurs ou les hommes qui se paient de mots sonores; la Savoie est une nationalité comme la nationalité belge, la Suisse romande; elle a sa vie distincte et son nom. Sa dynastie et son individualité se perdent dans la nuit des temps ; le parti national ne veut pas de l’anéantissement de cette nationalité, de sa Savoie; elle serait perdue avec la France, finis Sabaudia, il la repousse; il croit à la vitalité de son petit pays, qui a résisté à tous les bouleversements géographiques, qui a survécu aux puissants États de Bourgogne, de Provence et de tant d’autres devant lesquels trembla la France…
Entend-on par nationalité une origine commune ? Adam fut notre père à tous, dit la chanson, mais sans remonter à cette paternité antédiluvienne, ni même au déluge, il n’y a pas de raison pour la Savoie d’être
française plutôt que savoisienne, toute l’Europe méridionale appartient à une mère commune, la race latine.
Le flot des barbares est venu battre le  pied de nos montagnes,et si quelques-uns des clans de l’invasion y ont pénétré, ils n’appartenaient pas même à la race qui s’est approprié la Gaule et lui a donné son nom.
De ce chaos sont sorties les familles européennes actuelles, la France,etc.,mais la Savoie elle-même est une de  ces familles,aussi ancienne que les autres. »

One Reply to “La justification de l’annexion par une langue commune : fin de non-recevoir”

  1. Merci pour la référence de l’ouvrage de Charles Montmayeur. Je viens de le télécharger, et me réjouis d’avoir une fois le temps de le lire. J’ai retrouvé le passage que vous citez. Il semble provenir de l’une des brochures mentionnées, mais à l’époque, il y a eu tellement de ces brochures, que c’est difficile de savoir de laquelle il s’agit. De plus, la plupart du temps, lorsque leur contenu ne convenait pas à l’opinion dirigeante, les auteurs en restaient anonymes.

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