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Comment les forces d’occupation prennent soin de nous

Il parait que l’argent ne fait pas le bonheur, plus vraisemblablement, de ceux qui n’en ont pas.

Heureusement, l’Etat français, toujours prompt à réparer les torts et à secourir la veuve et l’orphelin, a porté remède à cette flagrante injustice. Selon la vieille tradition française, ceux qui gagnent leur vie par leur travail ne peuvent pas profiter de leurs revenus.

Tout d’abord, grâce à une péréquation équitable, nous finançons, allégrement, la construction d’autoroutes au fin fond du massif central et, éventuellement, le bétonnage des rives du lac d’Annecy.

Par ailleurs, il est bien entendu impensable que l’on travaille, en Savoie, à moins de 10 kilomètres de chez soi. Autrement, l’industrie automobile française disparaitrait (bien qu’elle se porte parfaitement bien pour l’heure, merci). Ne sommes-nous pas heureux de contribuer à renflouer l’économie de nos aimables voisins ?

Il est de plus interdit de consacrer moins de la moitié de son revenu, c’est-à-dire la paie de sa moitié, dans le logement. Grâce à notre proximité avec la Suisse, nous pouvons faire grimper indéfiniment le prix du foncier. Merci, Etat français ! Et tant pis si un studio à Annecy est aussi cher qu’un duplex à Lyon ; cela pourrait paraitre peu égalitaire…mais au bout du compte, les Savoisiens ne sont-ils pas heureux de payer toujours plus ?

Ne parlons même pas des dépenses de la vie courante qui, signe des temps, se résument à des charges fiscales ! Voilà où passent les quelques sous que l’on avait épargnés jusque là.

Ces mesures de salut public qu’ont instauré les sages techniciens parisiens préservent les Savoisiens de l’abîme de l’alcoolisme : partager une bouteille lors d’un repas de famille tue, surtout lorsqu’il s’agit d’une bouteille de vin de Savoie. Elles nous mettent également à l’abri des journaux subversifs, qui, si nous les achetions pourraient nous rappeler que la Savoie a été libre autrefois ou plutôt naguère.

En dépit de cette législation providentielle, quelques philanthropes savoisiens atrabilaires pourraient continuer de s’indigner du sort des pauvres hères passant leurs nuits sous les ponts. Certaines gens ont de ces fantaisies !

Mais la France, nous a appris qu’il ne faut pas s’émouvoir pour si peu. Cela relève de l’ordre des choses : les vilains qui ne veulent pas travailler dorment à l’hôtel de la belle étoile (inscrit au guide Clochardin). Le citoyen peut ainsi passer à côté d’eux sans même les remarquer. Quel soulagement !

Cette mascarade a assez duré !

Courage aux illuminés qui ne mesurant pas exactement la chance qu’ils ont d’être occupés par les vaillants Gaulois, prétendent résister encore et toujours à l’envahisseur !

Notre contribution, c’est écrire ces modestes articles, lorsque notre gagne-pain nous en laisse le temps. Et si on nous coupe l’électricité, nous continuerons à la chandelle !

Nous ne voulons pas d’une république de serfs et d’égoïstes, qui se moquent comme de colin-tampon de leur prochain, pourvu qu’on leur laisse mettre en scène des algarades superflues lors de prétendues élections représentatives.

Il fera bon nous diriger par nous même dans l’Etat fédéral de Savoie, où les valeurs de l’humanisme seront à nouveau portées par des individus solidaires et amis de la liberté.

France, vous voilà ?

Ne nous cherchez pas, les Savoisiens n’y sont pas !